jeudi 27 mars 2014

Projet final - Idéation et Scénarimage

Pour le projet final, j'ai décidé de m'inspirer d'un auteur que j'admire pour sa maîtrise de l'horreur et sa grande créativité: H. P. Lovecraft. Je me suis donc rendu à la bibliothèque Gabrielle Roy où j'ai emprunté les livres La peur qui rôde et Le rôdeur devant le seuil. Ces livres comportent des histoires très semblables: un homme visite où découvre une maison abandonnée et y trouve quelque chose qui n'est pas de ce monde. Les aventures de ces personnages comportent un mystère étouffant qui culmine en une révélation horrifiante. Des ces lectures, j'ai imaginé quelques idées inspirées de ces histoires, mais aussi d'autres que j'avais lue de Lovecraft.

Mon premier but était de réaliser une histoire qui créerait un profond sentiment de malaise et peut-être même de peur. J'ai donc tout d'abord essayé de créer une trame narrative qui inspirerait mon animation.

Première idée :
Petit, nous avons presque tous peur du noir. Son épais voile couvre ce qui nous entoure et déforme notre entourage pour révéler des formes terrifiantes. Dans l’obscurité, l’imagination foisonne comme la mousse sur une pierre humide et donne naissance aux plus terribles des monstres que notre esprit enfantin pourrait imaginer.

Maintenant que je suis adulte, je ne crains plus la noirceur. Au contraire, je la préfère à la lumière. En son sein, tout n’est qu’imagination et l’on peut se rassurer en se répétant que l’on fabule, mais nul ne peut oublier ce qu’il a vu à la lumière du jour. Je ne peux oublier l’horreur qui m’est apparue en rêve et que les notes de mon père m’ont confirmée. J’ai vu et compris l’horreur tapis sous l’océan. L’horreur qui dort en une noirceur perpétuelle et qui m’en vole le réconfort.

Deuxième idée :
Mon nom est William Coxton. Ces mots s’adressent à quiconque pourra bien les trouver. Si vous lisez ce message, ne tentez pas de me rejoindre puisque je suis mort ou pire encore. J’ai finalement découvert l’horreur qui m’apparaissait en rêve. La grande cité… Les Dieux d’autrefois… Mais je ne veux pas que vous voyez ce que j’ai vu. Il y a là des horreurs à en mourir… ou pire encore.


Troisième idée :
La peur de la noirceur m’a toujours parue futile. Vrai que son voile opaque déforme la vue pour créer des formes à nous faire frémir, mais il ne suffit que de jeter un peu de lumière sur ce qui nous effraie pour le faire disparaître. J’ai consacré ma vie à jeter de la lumière sur les zones sombres de notre monde. Cela rassurait mes lecteurs, mais me rassurait infiniment aussi. Cela me mena à la plus grande erreur de ma carrière : mettre de la lumière où elle ne devait jamais se rendre.



Je n'étais pas satisfait de mes essais. Je me suis donc tourné vers l'écriture automatique.

Écriture automatique :
La pire des choses est de voir sous la lumière du jour ce que son esprit imaginait dans la noirceur. Le cauchemar s’incarner devant soi, prendre vie et s’agiter, s’animer d’un millier de bras visqueux et se rependre sur la terre. La noirceur est une prison pour les choses qui ne sont qu’imaginées et la lumière leur donne la clé pour ouvrir la démence dans notre esprit. Le mieux est de garder la pénombre dans la pénombre et de limiter l’utilisation de la lumière. La lumière est dangereuse et nous sommes malhabiles. Nos esprits ne sont pas fait pour utiliser son pouvoir et vivre avec les conséquences. Il se tapit des choses dans l’ombre qu’aucun homme ne devrait voir. Il faut fuir la lumière et accepter l’ombre. Il ne faut pas s’en faire, il ne faudrait pas, mais je m’en fait. Je m’en ferai toute ma vie avec tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai senti. La grande cité sous la mer existe et elle est horrible. Gouvernée par l’être le plus infâme jamais conçu. Comment le mal peut-il naître et s’incarner? Nul ne le sait sauf Cthulhu, Dieu des dieux, mal des maux.




 Le sentiment que j'aurais voulu créer à ce moment venait de ce concrétiser en une phrase.
La pire des choses est de voir sous la lumière du jour ce que son esprit imaginait dans la noirceur.

J'ai donc tenté créer une histoire à partir de cette idée et des sentiments qu'elle m'inspirait.

Un fou dans un asile. Il tente de dormir, mais voit des choses horribles se manifester dans ses rêves. Les formes floues d’une citée sous la mer. Il se réveille et hurle. On entre dans sa cellule pour le calmer. On lui injecte des sédatifs. Il se calme finalement, mais son cerveau est toujours en panique. Le sommeil forcé clarifie ses visions. Une cité d’ombre gouvernée par le plus terrible des monstres.

SCÈNE 1, INT. NUIT, CELLULE D’UN ASILE PSYCHIATRIQUE

William est couché sur le petit lit de sa cellule. Son visage est secoué de tics nerveux.
Il s’éveille en sursaut et se lève en hurlant. Il frappe sur la lourde porte de sa cellule, hurlant de plus belle.
On pousse la porte contre lui. Deux infirmiers entrent et le maîtrise. Un psychiatre entre dans la pièce, une aiguille à la main. Le psychiatre lui injecte le sédatif.
William se calme. Il cesse de bouger et ferme les yeux, mais ses sourcils se froncent et sa bouche se tord en une grimace de déconfort. Son front se couvre de sueur.

SCÈNE 2, EXT. NUIT, CITÉE SOUS LA MER
Dans le rêve de William, l’ombre se dissipe pour révéler une citée sous la mer. D’énormes piliers de pierre noire et verte entourent ce qui ressemble à un palais gargantuesque. Sur la porte du palais, un symbole ne s’apparentant à aucun langage s’illumine. La porte s’ouvre et on y voit apparaître une masse informe en mouvement. Une patte sort de l’ombre, puis une deuxième. Finalement, deux yeux s’ouvrent.

SCÈNE 3, INT. NUIT, CELLULE D’UN ASILE PSYCHIATRIQUE
Les deux infirmiers déposent William sur son lit et quittent la pièce. William frémit légèrement. Sur sa nuque, une tache de naissance est visible. Elle est identique au symbole vu sur la porte du palais.





Cependant, je n'étais pas tout à fait satisfait du résultat final. Je me suis vite rendu compte que ça ne correspondait pas exactement à la demande du travail qui était de trouver une prémisse durant notre lecture et d'en faire une historie courte. Je me suis donc remis à travailler sur le tout en changeant mon point de départ. J'ai décidé de choisir la même prémisses que les deux histoires que j'avais lues.


Des hommes explorent une maison abandonnée. L’escalier s’effondre sous l’un deux et cet homme tombe dans la cave. Il y découvre un livre qui luit dans la pénombre. Il l’ouvre et son contenu magique lui vole la raison.

SCÈNE 1 – EXTÉRIEUR, NUIT, COLLINE SURMONTÉE D’UNE MAISON.

Quelques hommes s’approchent lentement d’une maison délabrée sur le dessus d’une colline. L’orage gronde au-dessus d’eux et un éclair bruyant vient illuminer la scène.


SCÈNE 2 – INTÉRIEUR, NUIT, SALON DE LA MAISON

La porte de la maison s’ouvre en grinçant. William entre lentement, une lampe à la main. Il fait signe aux autres d’entrer. William  s’avance vers les escaliers alors que ses hommes de main entrent sur la pointe des pieds. Un autre éclair illumine le salon, faisant sursauter les hommes de main de William. Ce-dernier se retourne vers eux et leur fait signe de se taire. Il commence à monter les escaliers. Il s’arrête un instant et tente d’illuminer le chemin avec la lampe, mais l’escalier s’effondre sous lui, le faisant tomber dans la cave.


SCÈNE 3 – INTÉRIEUR, NUIT, CAVE DE LA MAISON

William atterrit sur ses pieds avant de tomber sur le flanc. Un éclair illumine la cave par le trou dans les escaliers. William met du temps à se relever, puis regarde autour de lui. La cave est pleine de détritus. Parmi toutes ces saletés, un livre attire l’attention de William. Il le prend. Le livre semble luire légèrement. Il l’ouvre. Les pages s’illuminent alors que le visage de William se tord en une grimace d’horreur. La lueur des pages devient aveuglante.
Les hommes de mains descendent d’un escalier. Ils voient William, de dos, le livre entre les mains. Un d’entre eux s’approche et met une main sur l’épaule de William. Un autre éclair frappe, illuminant les visages horrifiés des hommes de main. Les yeux de William sont brulés et son visage est tordu en un rictus inhumain.


J'étais maintenant satisfait de mon idée ainsi que du scénario qu'elle m'avait inspirée. J'ai donc mis le tout en image pour faire mon scénarimage.


Voici un animatique illustrant grossièrement le mouvement des personnages.


L'animation prendra la forme d'animation de silhouette à la manière de Reiniger. Voici les designs initiaux des deux personnages. William à gauche et Ben à droite.


Les quatres décors principaux auront l'air de ceci:






La dernière étape est de planifier les différentes étapes de la production.
- D'ici le 4 avril: Créer la bande son, deux des quatre décors ainsi que les deux marionnettes.
- D'ici le 11 avril: Créer les derniers décors et créer les séquences statiques (livre, visage brulé), commencer l'animation.
- D'ici le 18 avril: Terminer l'animation dans Animate Pro
-D'ici le 25 avril: Montage en After Effects.

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