Mon premier but était de réaliser une histoire qui créerait un profond sentiment de malaise et peut-être même de peur. J'ai donc tout d'abord essayé de créer une trame narrative qui inspirerait mon animation.
Première
idée :
Petit, nous
avons presque tous peur du noir. Son épais voile couvre ce qui nous entoure et
déforme notre entourage pour révéler des formes terrifiantes. Dans l’obscurité,
l’imagination foisonne comme la mousse sur une pierre humide et donne naissance
aux plus terribles des monstres que notre esprit enfantin pourrait imaginer.
Maintenant
que je suis adulte, je ne crains plus la noirceur. Au contraire, je la préfère
à la lumière. En son sein, tout n’est qu’imagination et l’on peut se rassurer
en se répétant que l’on fabule, mais nul ne peut oublier ce qu’il a vu à la
lumière du jour. Je ne peux oublier l’horreur qui m’est apparue en rêve et que
les notes de mon père m’ont confirmée. J’ai vu et compris l’horreur tapis sous
l’océan. L’horreur qui dort en une noirceur perpétuelle et qui m’en vole le
réconfort.
Deuxième
idée :
Mon nom est William Coxton. Ces mots s’adressent à quiconque pourra bien les
trouver. Si vous lisez ce message, ne tentez pas de me rejoindre puisque je
suis mort ou pire encore. J’ai finalement découvert l’horreur qui
m’apparaissait en rêve. La grande cité… Les Dieux d’autrefois… Mais je ne veux
pas que vous voyez ce que j’ai vu. Il y a là des horreurs à en mourir… ou pire
encore.
Troisième
idée :
La peur de la noirceur m’a toujours parue futile. Vrai que son voile opaque
déforme la vue pour créer des formes à nous faire frémir, mais il ne suffit que
de jeter un peu de lumière sur ce qui nous effraie pour le faire disparaître.
J’ai consacré ma vie à jeter de la lumière sur les zones sombres de notre
monde. Cela rassurait mes lecteurs, mais me rassurait infiniment aussi. Cela me
mena à la plus grande erreur de ma carrière : mettre de la lumière où elle
ne devait jamais se rendre.
Écriture
automatique :
La pire des choses est de voir sous la lumière du jour ce que son esprit
imaginait dans la noirceur. Le cauchemar s’incarner devant soi, prendre vie et
s’agiter, s’animer d’un millier de bras visqueux et se rependre sur la terre.
La noirceur est une prison pour les choses qui ne sont qu’imaginées et la
lumière leur donne la clé pour ouvrir la démence dans notre esprit. Le mieux
est de garder la pénombre dans la pénombre et de limiter l’utilisation de la
lumière. La lumière est dangereuse et nous sommes malhabiles. Nos esprits ne
sont pas fait pour utiliser son pouvoir et vivre avec les conséquences. Il se
tapit des choses dans l’ombre qu’aucun homme ne devrait voir. Il faut fuir la
lumière et accepter l’ombre. Il ne faut pas s’en faire, il ne faudrait pas,
mais je m’en fait. Je m’en ferai toute ma vie avec tout ce que j’ai vu, tout ce
que j’ai senti. La grande cité sous la mer existe et elle est horrible.
Gouvernée par l’être le plus infâme jamais conçu. Comment le mal peut-il naître
et s’incarner? Nul ne le sait sauf Cthulhu, Dieu des dieux, mal des maux.
La pire des choses
est de voir sous la lumière du jour ce que son esprit imaginait dans la
noirceur.
J'ai donc tenté créer une histoire à partir de cette idée et des sentiments qu'elle m'inspirait.
Un fou dans un asile. Il tente de dormir,
mais voit des choses horribles se manifester dans ses rêves. Les formes floues
d’une citée sous la mer. Il se réveille et hurle. On entre dans sa cellule pour
le calmer. On lui injecte des sédatifs. Il se calme finalement, mais son
cerveau est toujours en panique. Le sommeil forcé clarifie ses visions. Une cité
d’ombre gouvernée par le plus terrible des monstres.
SCÈNE 1,
INT. NUIT, CELLULE D’UN ASILE PSYCHIATRIQUE
William est couché sur le
petit lit de sa cellule. Son visage est secoué de tics nerveux.
Il s’éveille en
sursaut et se lève en hurlant. Il frappe sur la lourde porte de sa cellule,
hurlant de plus belle.
On pousse la porte
contre lui. Deux infirmiers entrent et le maîtrise. Un psychiatre entre dans la
pièce, une aiguille à la main. Le psychiatre lui injecte le sédatif.
William se calme. Il
cesse de bouger et ferme les yeux, mais ses sourcils se froncent et sa bouche
se tord en une grimace de déconfort. Son front se couvre de sueur.
SCÈNE 2,
EXT. NUIT, CITÉE SOUS LA MER
Dans le rêve de
William, l’ombre se dissipe pour révéler une citée sous la mer. D’énormes
piliers de pierre noire et verte entourent ce qui ressemble à un palais
gargantuesque. Sur la porte du palais, un symbole ne s’apparentant à aucun langage
s’illumine. La porte s’ouvre et on y voit apparaître une masse informe en
mouvement. Une patte sort de l’ombre, puis une deuxième. Finalement, deux yeux
s’ouvrent.
SCÈNE 3,
INT. NUIT, CELLULE D’UN ASILE PSYCHIATRIQUE
Les deux infirmiers
déposent William sur son lit et quittent la pièce. William frémit légèrement.
Sur sa nuque, une tache de naissance est visible. Elle est identique au symbole
vu sur la porte du palais.
Cependant, je n'étais pas tout à fait satisfait du résultat final. Je me suis vite rendu compte que ça ne correspondait pas exactement à la demande du travail qui était de trouver une prémisse durant notre lecture et d'en faire une historie courte. Je me suis donc remis à travailler sur le tout en changeant mon point de départ. J'ai décidé de choisir la même prémisses que les deux histoires que j'avais lues.
Des hommes
explorent une maison abandonnée. L’escalier s’effondre sous l’un deux et cet
homme tombe dans la cave. Il y découvre un livre qui luit dans la pénombre. Il
l’ouvre et son contenu magique lui vole la raison.
SCÈNE 1 – EXTÉRIEUR,
NUIT, COLLINE SURMONTÉE D’UNE MAISON.
Quelques hommes s’approchent lentement d’une maison délabrée
sur le dessus d’une colline. L’orage gronde au-dessus d’eux et un éclair
bruyant vient illuminer la scène.
SCÈNE 2 –
INTÉRIEUR, NUIT, SALON DE LA MAISON
La porte de la maison s’ouvre en grinçant. William entre lentement, une lampe à la
main. Il fait signe aux autres d’entrer. William s’avance vers les escaliers alors que ses
hommes de main entrent sur la pointe des pieds. Un autre éclair illumine le
salon, faisant sursauter les hommes de main de William. Ce-dernier se retourne
vers eux et leur fait signe de se taire. Il commence à monter les escaliers. Il
s’arrête un instant et tente d’illuminer le chemin avec la lampe, mais
l’escalier s’effondre sous lui, le faisant tomber dans la cave.
SCÈNE 3 –
INTÉRIEUR, NUIT, CAVE DE LA MAISON
William atterrit sur ses pieds avant de tomber sur le flanc.
Un éclair illumine la cave par le trou dans les escaliers. William met du temps
à se relever, puis regarde autour de lui. La cave est pleine de détritus. Parmi
toutes ces saletés, un livre attire l’attention de William. Il le prend. Le
livre semble luire légèrement. Il l’ouvre. Les pages s’illuminent alors que le
visage de William se tord en une grimace d’horreur. La lueur des pages devient
aveuglante.
Les hommes de mains descendent d’un escalier. Ils voient
William, de dos, le livre entre les mains. Un d’entre eux s’approche et met une
main sur l’épaule de William. Un autre éclair frappe, illuminant les visages
horrifiés des hommes de main. Les yeux de William sont brulés et son visage est
tordu en un rictus inhumain.
J'étais maintenant satisfait de mon idée ainsi que du scénario qu'elle m'avait inspirée. J'ai donc mis le tout en image pour faire mon scénarimage.
Voici un animatique illustrant grossièrement le mouvement des personnages.
L'animation prendra la forme d'animation de silhouette à la manière de Reiniger. Voici les designs initiaux des deux personnages. William à gauche et Ben à droite.
Les quatres décors principaux auront l'air de ceci:
La dernière étape est de planifier les différentes étapes de la production.
- D'ici le 4 avril: Créer la bande son, deux des quatre décors ainsi que les deux marionnettes.
- D'ici le 4 avril: Créer la bande son, deux des quatre décors ainsi que les deux marionnettes.
- D'ici le 11 avril: Créer les derniers décors et créer les séquences statiques (livre, visage brulé), commencer l'animation.
- D'ici le 18 avril: Terminer l'animation dans Animate Pro
- D'ici le 18 avril: Terminer l'animation dans Animate Pro
-D'ici le 25 avril: Montage en After Effects.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire